Voici donc ma participation à la
bataille de tampons lancé par Laëtitia .
La caravane
Jusqu'à ce que j'ai une dizaine d'années, les vacances d'été, c'était sous la tente et en Bretagne.
Et puis un jour, des amis de mes parents les ont incités à venir les rejoindre dans le sud, à Argelès-sur-Mer.
Une caravane louée sur le camping "Paris-Roussillon" et des vacances très positives pour mes parents : Ils avaient adoré la région et surtout son climat. Plus besoin de mettre un pull à dix-sept heures, comme disait mon père !
Quelques temps après, ils achetaient leur première caravane. La City de la marque Bürstner.
C'était le début de vacances bohèmes.
Les départs étaient toujours animés. Quatre filles, deux chats et leur panier respectif, suffisamment de vêtements, de jeux et de cahiers de vacances pour trois semaines, sans oublier une tente canadienne, une bonbonne de gaz pleine, les chips et le jambon pour le voyage et plus tard, les planches à voile... tout ça devant rentrer dans une caravane cinq places et une Audi 100.
Mon père s'impatientait... Lui, sa valise était prête depuis longtemps et il sortait triomphalement d'un des petits casiers de la caravane, un sac plastique Carrefour contenant un slip de bain et un tee-shirt en assurant qu'à Argelès, il n'aurait besoin que de cela ! Je sais que ma mère se chargeait, elle, de lui prendre un peu plus de choses dans une valise.
Quand dans l'après-midi, on était enfin prêt à partir, mon père pestait et disait toujours : " Ce soir, on dort à Nemours !" (à une trentaine de kilomètres de la maison...).
On roulait en fait jusqu'à Beaune, nous quatre serrées à l'arrière, sans ceinture à cette époque, les paniers des chats à nos pieds. Et puis le soir on s'arrêtait sur une aire d'autoroute pour dormir dans ce qui serait désormais et pour quelques semaines, notre maison. On escamotait les deux tables qui étaient de chaque côté de la caravane, et les banquettes se transformaient en lits deux places. Au dessus de l'un d'entre eux, on installait un hamac pour l'une de mes soeurs. Moi, je dormais généralement sur un matelas gonflable installé dans l'étroit couloir.

Arrivés à Argelès, la caranane était installée sur un camping. Et on montait une tente canadienne pour Caroline et moi. Pendant trois semaines on vivait dehors, entre la plage et le camping qui s'appelait "Les ombrages" ou "Les marsouins". On rencontrait plein d'autres enfants avec lesquels on faisait d'interminables parties de cache-cache, ou avec lesquels on jouait à la corde à sauter ou à l'élastique ou encore aux cartes quand la nuit commençait à tomber. Les très rares fois où il pleuvait, on mettait le couvert dans la caravane. J'adorais manger dans cet endroit miniature !

Pendant plusieurs années, on s'est déplacé ainsi, durant les grandes et les petites vacances, entre Hautes-Pyrénées, Pyrénées orientales, Camargue ou Provence. La caravane permettait de s'arrêter où on voulait et d'improviser la découverte d'un nouvel endroit. Il est arrivé, une fois, que mes parents décident de prolonger les vacances de Pâques d'une journée pour visiter Vaison-la-Romaine sur le chemin du retour. A l'heure où tout le monde reprenait la classe, nous étions sur le site archéologique entrain d'essayer les latrines romaines !